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Pour les mots de demain et après-demain, c'est sur le site du dictionnaire www.dictionnairedufutur.fr

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16 May 09

Lettre à @nk_m à propos du Bdopi

Chère NKM,

Dans l’émission de France Culture Place de la toile , je vous ai entendu dire concernant le mot “Bdopi” : “Je peux reprendre ce mot ? “.

Pas de souci. Je vous invite à lire la présentation de Bdopi écrite le 10 Avril qui anticipe en racontant la manière dont vous pourriez vous emparer de l’affaire. 

En prime, le dictionnaire du futur est en Creative commons. (Au fait, sur ce point, il y a vrai boulot à faire pour sensibiliser le monde du droit aux nouvelles donnes liées à l’évolution des technologies….  A vu de nez, il n’y a pas plus de 0,1% des avocats de la place qui connaissent l’existence du Créative Commons et pourtant en matière de protection de contenus numériques, c’est la seule chose qui existe. Je dirais même que l’affaire est urgente)

Enfin bien entendu le plus important n’est pas le nom mais le principe. Avec le Bdopi, on ne réfléchit pas en termes de répression mais d’ouvertures. 

Ce changement de paradigme pourrait consister à dire aux industries de la musique :


- Arrêter de pleurer sur votre sort. Lors du passage du vinyle au CD, vous vous en êtes mis plein les poches avec une augmentation du prix du disque et une diminution des couts de production. Maintenant, la roue tourne. Pas à votre avantage ! Que voulez-vous, on ne peut pas toujours gagner.

Atténuez cette entrée en matière un peu musclée avec une  invitation à la relecture de la Cigale et la fourmi. Ensuite incitez les  pleureurs à réfléchir à comment faire que le jeune boutonneux, qui ne peut s’empêcher d’écouter la dernière œuvre du DJ à la mode, puisse payer les artistes en adéquation avec ses moyens.


Google a construit sa fortune en comprenant que 1 de 1000, c’est plus que 10 de 100 (Avec ce principe il a imaginé le système de micro paiement des adwords à une époque où tout le monde ne voyait que les bandeaux publicitaires comme revenus I. En clair, ce n’est pas son avance technologie qui a fait le succès de Google mais sa subtilité économique).


Pour l’instant, la seule idée qui émerge est celle du type Apple : vous achetez l’album ou le morceau et bonjour la facture. Avec ce type de douloureuse, impossible de satisfaire les boulimies musicales de notre passionné qui se rue vers le téléchargement illégal.  A mon avis, il y a de nombreuses pistes à explorer. Je pense que l’industrie du disque ne souffre pas d’une perte de revenus mais d’un manque de curiosité et d’un déficit d’imagination. En ce moment, il y a de nombreuses recherches de modèles économiques (Cf l’article du Monde :
Méthodes de vente originales pour temps de crise mais les majors du disque ne semblent pas avoir pris ce parti pris.


Et dans le Bdopi, on doit aussi se poser la question de “Comment faire pour que le numérique permettent à plus de personnes de choisir leurs musiques, films, émissions et de ne plus subir les flux imposés par les vendeurs de soupe ?” En d’autres termes, comment utiliser les nouvelles technologies pour que moins de gens s’abrutissent en se gavant du hachis de culture et plus deviennent acteurs en décidant de ce qu’ils veulent voir et entendre.


Bref, avec le Bdopi, vous avez du pain sur la planche. Mais avec lui, l’avantage est que l’on peut, comme dirait le camarade Oscar, avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue.


Futureusement vôtre.


Anne-Caroline Paucot

Themed by Hunson. Originally by Josh